[Entreprendre au féminin] Portrait de Laëtitia PRONZOLA fondatrice de LOTAËMI

Parce qu’entreprendre se conjugue aussi au féminin, IncubAlliance propose de mettre en lumière dans une série de portraits celles qui font aujourd’hui l’entreprise ! Cette semaine, c’est Laëtitia PRONZOLA, fondatrice de LOTAËMI, start-up spécialisée dans la conception de produits cosmétiques innovants, qui a accepté de répondre à nos questions.
Publiée le 01 mars 2018 par Amandine DEBLOUDTS

Si l’idée de bousculer le monde des cosmétiques la titillait déjà pendant ses études de pharmacie, Laëtitia a pourtant attendu quelques années avant de se lancer. « J’avais beau savoir que mon idée était bonne, j’avais aussi besoin de me rassurer, de me convaincre que j’avais les épaules pour aller au bout de mon projet ». Une conviction que quelques années d’expérience au sein de grands laboratoires auront suffi à forger. C’est donc une jeune femme aujourd’hui sûre d’elle et n’ayant plus peur de l’incertitude qui a accepté de revenir avec nous sur l’étonnant parcours l’ayant menée des rangs de l’industrie pharmaceutique à la création de LOTAËMI, une start-up spécialisée dans la conception de produits cosmétiques 100% naturels pour les afro-descendants. Portrait.

Quel a été ton parcours avant de te lancer dans l’aventure de la création d’entreprise ?

J’ai fait des études de pharmacie qui se sont achevées par l’obtention de mon doctorat. Une formation de base que j’ai complétée en parallèle par un Diplôme universitaire en Nutrition et Diététique et par un Master 2 en Gestion de projet en développement de produits pharmaceutiques et nutritionnels. J’avais en effet pour objectif à l’époque de m’orienter vers l’industrie et plus précisément vers le monde de la R&D.

A quel moment as-tu commencé à envisager l’idée de la création d’entreprise ?

Paradoxalement, dès les bancs de la fac. J’ai en effet très tôt fait le constat d’une réelle carence dans le monde cosmétique trop souvent considéré comme le parent pauvre du médicament. Or en tant que pharmacienne, je savais que j’étais en mesure d’apporter de vraies solutions et donc de faire quelque chose. En même temps, j’avais beau être séduite par l’idée de porter mon propre projet, je ne m’en sentais pas les épaules à l’époque. Je me disais qu’assumer la responsabilité d’une entreprise supposait d’avoir un minimum d’expérience.

Qu’as-tu fait à l’issue de tes études ? 

J’ai été embauchée chez GlaxoSmithKline, le laboratoire de production de GSK situé à Evreux, comme déléguée d’Assurance Qualité Opérationnelle. Mon travail consistait alors principalement à garantir la qualité des flux issus de la production. J’ai également pu, dès cette première expérience, m’investir dans des projets de R&D, notamment pour garantir leur conformité à la réglementation. J’ai ensuite intégré le laboratoire IPSEN comme responsable Assurance Qualité. Une fonction qui m’a permis de me familiariser avec le management d’équipe et la gestion de projets industriels.

De quoi te rassurer, j’imagine, quant à ta capacité à porter des projets…

Absolument ! J’ai pris conscience à cette époque que si j’étais capable d’encadrer une équipe et d’assumer la responsabilité de la sortie d’un produit et donc a fortiori de la vie de patients, je devais pouvoir me lancer pour porter mon propre projet. Ce que j’ai fait dès que ma collaboration avec IPSEN a pris fin.

Comment as-tu croisé la route d’IncubAlliance ?

Grâce à une conseillère très compétente de la CCI où j’étais allée chercher des conseils. Dès que mon projet a commencé à prendre de l’ampleur, cette dernière m’a conseillé de chercher un incubateur en mesure de m’accompagner dans cette aventure. C’est ainsi qu’après quelques recherches pour trouver la structure la plus adaptée à mes besoins, j’ai pris contact avec IncubAlliance et intégré le GenesisLab en mai 2017.

Qu’est-ce qui t’a le plus séduit dans l’approche d’IncubAlliance ?

Le fait qu’enfin on me dise que je ne voyais pas assez grand ! Jusque là, tous les interlocuteurs à qui j’avais parlé de mon projet me conseillaient de commencer petit et d’une certaine manière me coupaient les ailes. Chez IncubAlliance, on m’a évidemment encouragée à avancer par étape, mais cette politique des « petits pas » n’a jamais rimé avec l’exigence de « voir petit ». Au contraire, on m’a toujours invitée à regarder loin et grand, tout en allant au bout des choses. Je crois que j’avais vraiment besoin de ce souffle à ce moment là. J’ai également été séduite par la grande variété de projets et de profils rencontrés pendant le GenesisLab, un temps d’échanges très riches et toujours bienveillants.

Quels conseils donnerais-tu à ceux qui envisagent l’aventure de l’entrepreneuriat ?

De ne pas hésiter à demander de l’aide. Quand on est une femme, on a parfois l’impression que l’on doit faire doublement ses preuves et du coup on hésite toujours à se présenter en position de « faiblesse ». Or savoir s’entourer lorsque l’on crée une entreprise n’est pas un signe de faiblesse mais plutôt la marque d’une certaine maturité. Le deuxième conseil que je donnerais serait d’accepter que tout ne soit pas parfait, parce qu’à force de rechercher la perfection ou d’attendre le bon moment, on peut rater le rendez-vous du marché qui lui n’attend pas. Dernier conseil, à la mode mais tellement vrai : sortir de sa zone de confort ! Loin d’être un long fleuve tranquille, l’aventure entrepreneuriale est difficile parce que pleine d’incertitudes. Il faut donc apprendre, chaque jour, à faire avec l’inconnu pour trouver des solutions. Ce n’est pas de tout repos, mais quand on a envie, on trouve toujours l’énergie de se donner les moyens.

 

 
 
 
 

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